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LA GAUCHE CONVERSE Enquête sur le socialisme en baskets

Mercurial victory 6 indoor ils sont humoristes, journalistes, porte parole de candidats, futurs éléphants, ne s’aiment guère tout en militant pour l’amour entre les peuples. Que Nicolas Sarkozy ou François Hollande soit élu, ce sont eux qui seront les grands gagnants de l’élection. Plongée dans le socialisme cool qui peut rendre parfois méchant.

Ils sont beaux, bien sapés, roulent parfois en Porsche vintage et préfèrent le sourire poli, juste le temps d’apercevoir leurs dents d’un blanc éclatant, au rire gras à gorge déployée. Vous les recevez chez vous tous les jours, du lundi matin sur France Inter au samedi soir sur France2, où ils prêchent la bonne parole: la République, l’immigration, l’antiracisme, le syndrome du 21 avril, sans oublier c’est ce qui les fédère un anti sarkozysme chevillé au corps.

Petit retour au début des années 80: Mitterrand est le premier président socialiste de la Ve République mais, deux ans après son accession au pouvoir, c’est le tournant libéral qui va donner naissance à une fausse gauche qui dit ce qu’il faut faire et ne fait pas ce qu’elle dit, une tribu tartuffe et désinvolte, qui aime le peuple et qui se garde bien de partager son sort, comme l’écrivait en son temps Laurent Joffrin. A l’époque, on appelait ça la gauche caviar. Trente ans plus tard, même constat.

A ce détail près que là où la bourgeoisie de gauche profitait des largesses du pouvoir mitterrandien, la gauche Converse s’est façonnée contre un modèle abhorré: trop plouc, trop bling, trop brutal, trop excluant, le sarkozysme a fédéré à son insu une frange médiatico politique qui entend préparer l’après, la libération, la fin de la dictature, quand Bip Bip Sarko et Carla le mérou s’en iront, comme dit Stéphane Guillon dans son spectacle (voir aussi page 36), tout en craignant de perdre l’os à ronger qui les rassemble à défaut de les faire s’aimer les uns les autres. C’est là toute l’étrangeté de la situation puisque le même Guillon écrit dans sa chronique à Libé du 13 mars dernier: Soudain, j’ai peur de me retrouver sans rien, désuvré, démuni. A quarante jours d’une possible victoire de l’opposition Je flippe! C’est un des paradoxes de ce métier: on se moque des travers de nos politiques, on les dénonce, on en rigole

Et quand ils s’en vont, quand ils nous quittent, on se retrouve orphelin.

En quelques années, le rapport de force s’est inversé: ce n’est plus le TF1 triomphant et paranoïaque qui donne le la médiatique mais une gauche en apparence décontractée et fashion. a fait du bien sur le moment, ça lasse au bout d’un moment et ça finit par en devenir gênant quand le processus rend sympathique les éléments les plus détestables du gouvernement. Ainsi, quand Sophia Aram clashe Nadine Morano dans le 7/9 de France Inter en empilant les lieux communs sous couvert de sa fonction d’humoriste, on éprouve presque de la compassion pour celle qui fait se gondoler Twitter depuis qu’elle s’y est inscrite.

Mais le principal péché de ce petit entre soi est ailleurs. Du haut de sa vision éclairée du monde et de son absence totale d’humour sur elle même, la gauche Converse empile sa bonne conscience sur ses anathèmes pas très futés. D’où la mise en place d’un mécanisme inédit: si vous n’êtes pas contre ce que je dénonce, vous êtes contre moi et donc contre la liberté d’expression. Vous préférez intégrer le troupeau de moutons plutôt que rejoindre le parti de ceux qui dérangent. Au fait, ça dérange qui, au juste? En couverture des Inrocks du 28 mars dernier, Audrey Pulvar (voir aussi page 34) remake une pub Ultra Brite en posant une rose à la bouche dans un chemisier étincelant sous ce titre: Pourquoi elle dérange. On s’en est étouffé de rire dans notre kebab. Qu’a donc à nous annoncer cette rebelle dont le compagnon est l’un des caciques du PS? Je suis une journaliste engagée, () j’ai des prises de positions publiques: sur le féminisme, contre le racisme, contre les systèmes des élites et des inégalités.

On peinera à trouver meilleur exemple pour expliquer les paradoxes de la gauche Converse: d’une part, un engagement d’un conformisme parfois atterrant et souvent mal placé on se rappellera la manière dont Audrey Pulvar a rebondi sur la pauvre polémique qui a entouré la parution dans Elle d’un article sur les nouvelles égéries noires, d’autre part une supposée subversion qui, loin de mettre en péril les puissants en place, ne fait que conforter leur position tant les arguments développés ont fini par se transformer en petite musique new age caricaturale. Mais ce qui dérange le plus, c’est cet aveuglement sidérant sur les élites, elle qui a en partie grandi dans le cossu VIe arrondissement de Paris et vit dans le très bourgeois XVIe.

Comme Nicolas Demorand (voir aussi page 42), Stéphane Guillon ou Pascale Clark, ils sont les représentants de la bourgeoisie française, non pas qu’il soit honteux d’être fils chaussure de foot synthétique pas cher de bourgeois mais qu’il est inconsciemment tentant de reproduire les réflexes de classes sûres de leur fait et de leurs jugements. Ce qu’on pourrait aussi appeler une arrogance de caste et que le sociologue Jean Pierre Le Goff, spécialiste de l’évolution de la gauche depuis 1968, traduit ainsi: Ce qui me révolte chez une partie de la gauche c’est son incapacité à comprendre de l’intérieur une mentalité populaire et de vivre dans un univers coupé du sens commun. (voir aussi page 35).

Derrière ces quadras qui ont défendu leur pré carré au prix de flingages entre eux (Pulvar critique Guillon, Guillon descend Apathie, Demorand lâche Porte), l’affaire DSK a révélé de manière caricaturale l’hypocrisie de cette gauche peu avare en leçons moralisatrices mais qui se voyait prête, en toute connaissance de cause, à soutenir le boss du FMI à la présidentielle. Comble du comble: Dominique Strauss Kahn, avec ses potes lillois, son acolyte Dodo la Saumure et ses partouzes de proximité, apparaît finalement plus proche du peuple qu’une Audrey Pulvar et son rigorisme prude.

Fort heureusement, derrière cette génération émerge une autre catégorie de militants en âge, elle, de porter des baskets en toute légitimité: progressiste sans fard, elle oscille entre la gauche mélenchoniste et l’appareil socialiste (voir aussi page 44, 46 et 47). Mais sera t elle assez audible pour offrir une alternative à ceux qui constituent une sorte de négatif à l’odieuse droite décomplexée? Si Sarkozy rempile, attendez vous à entendre toujours plus fort ces voix que l’on veut bâillonner. En cas de victoire de François Hollande, on est prêt à parier qu’elles sont parties pour squatter le devant de la scène médiatique pendant longtemps, très longtemps, bien plus qu’un quinquennat. Pour des gens qui dérangent, voici un bien bel avenir.

A force de bosser comme une damnée, Audrey Pulvar est arrivée là où elle voulait: au top du pouvoir médiatique où elle enchaîne les prestations de procureur. Lettre ouverte au bourreau du samedi soir.

Juillet 2009, une incroyable bombasse en bottes de caoutchouc joue les fermières sexy dans les pages de Paris Match. Jambes à la Beyoncé, mini short moulant à faire bander Jeanne Calment, elle fait mumuse dans la paille une grande fou fourche à la main. Pour un peu, on se croirait presque dans un reportage de charme du magazine Lui des années 70. Et pourtant, la playmate paysanne n’est pas du genre à enlever le haut: c’est Audrey Pulvar, l’ancienne présentatrice du 19 20 sur France 3 qui passe l’été dans la résidence normande de son boyfriend Alain Passard, le cuisinier trois étoiles du restaurant l’Arpège et roi du potager bio à Paris. A l’époque, pas de risque de conflit d’intérêts à la télé avec un futur ministre (Arnaud Montebourg) ni d’accouchement lacanien des invités chez Ruquier, mais déjà une furieuse envie d’exister dans le regard des autres, quitte à donner dans le people champêtre pour les vacances.

Mon objectif est de me sentir vivante, de ne pas me momifier, se confie la journaliste sous l’il coquin de la photographe Kasia Wandycz. Trois ans plus tard, patatras! La belle des foins s’est transformée en mémère sentencieuse, lunettes rectangulaires sur le nez et permanente de reine des abeilles. Chaque matin en semaine sur France Inter et samedi soir sur France2, elle rend la justice républicaine dans des chroniques ou des interviews si longues qu’on peine à placer les points d’interrogation sur des questions qui n’en sont pas, tant elles ressemblent aux arrêts d’une cour pénale. C’est bien bossé, souvent juste, précis, pensé, informé. Du journalisme impeccable, à un détail près: celle qui, enfant en Martinique, rêvait de devenir Christine Ockrent, s’est recyclée en Robespierre à bigoudis.

Ce n’est plus de l’info ou même de l’infotainment à tendance sadique, c’est le Comité de salut public en robe du soir. Les têtes tombent, tout doit disparaître. Même ce pauvre foutriquet de Patrick Sébastien doit mercurial victory 6 indoor justifier ses écarts de cul, la bite sur le billot d’On n’est pas couché. Le pire, c’est qu’on en redemande parce que c’est encore plus effrayant que feu le numéro des affreux Zemmour et Naulleau. A côté de la Pulvache, les ex duettistes de France2 sont des manchots de la guillotine, des réactionnaires en figurine. Rien à voir avec l’impunité vertueuse de celle qui, la rose entre les dents, déclarait encore récemment dans les Inrocks: Je ne sais pas pour qui je vais voter, je ne veux pas être considérée comme une bénie oui oui du candidat socialiste Sans déconner?

Telle Saint Just, l’ancienne journaliste d’AntillesTélévision est pourtant irréprochable. Elle a débuté sur le terrain, sait tenir une caméra, abat chaque semaine l’équivalent de toute la carrière de Guillaume Durand. Bon, d’accord, elle a un peu grandi à Saint Germain des Prés et fréquente plus les restos du boulevard Murat que les kebabs d’Aubervilliers. Mais ça ne l’empêche pas de connaître ses dossiers. Au fond, comme ses confrères les Thermidoriens de la gauche mercurial victory 6 indoor Converse, elle n’a qu’un seul défaut: aucun recul sur elle même.

A force de décapiter les puissants, la droite, les beaufs, les ploucs, les cons, les racistes et tout ce qui bouge en dehors des clous, la fille de Marc Pulvar (l’indépendantiste martiniquais, fondateur du mouvement la Parole au peuple) ne s’est pas rendu compte qu’elle était déjà le pouvoir. Un pouvoir qui, quelque soit la couleur du futur président, se construit contre le peuple à longueur d’explications de textes et de sermons magistraux. Je sais ce que je dégage, mais ce n’est pas la réalité, prévient cette fan de jazz, de cuisine et de William Faulkner qui pourrait bientôt se voir confier les manettes de Huis clos, un débat de société sur France2 avec des jurés comme dans les émission de télé réalité. Et devinez qui va présider les débats?

En 2004, sous l’impulsion de l’écrivain Patrick Chamoiseau, Audrey Pulvar publiait un premier roman injustement méconnu, l’Enfant bois. Un thriller mystique joliment troussé bien que parfois si imbitable qu’il nécessiterait une lecture sous hypnose sur les tourments de la créolité qui font de nous de perpétuels exilés, même quand nous sommes dans nos îles. L’histoire d’une jeune femme (Eva, petite mangouste traquée par ses voix furieuses) qui revient après vingt ans d’absence en Martinique, hantée par un vide sidérant: le désamour de sa mère. Celle d’Audrey Pulvar était assistante sociale, elle lui a appris la méritocratie par le travail. Et si dans les prochains mois, elle n’est pas femme de ministre (ou ministre elle même), la Pulvache pourrait bien sortir un deuxième roman sur lequel elle travaille depuis longtemps. On n’a pas fini de rigoler.

Une chape de plomb bien pensante

Dans la Gauche à l’épreuve, 1968 2011, le sociologue Jean Pierre Le Goff, pointe l’incapacité de la gauche à construire un cadre cohérent de pensée. Interview retour de bâton.

Jean Pierre mercurial victory 6 indoor Le Goff, qu’est ce qu’on a fait de grave pour se faire autant engueuler?

C’est ce qui structure la gauche depuis ses origines, comme un point aveugle de certitude: la croyance qu’elle détient une supériorité morale sur ses adversaires, qu’elle est la dépositaire de l’idée du bien, puisqu’elle représente les couches populaires. Aujourd’hui, la dynamique du mouvement ouvrier est morte mais la gauche n’a pas renoncé à s’approprier la morale. A mesure que son ancienne doctrine tombait en morceaux, elle a sombré dans l’imprécation et la dénonciation. C’est le tournant de 1983: alors que la gauche abandonne ses engagements économiques de départ, Mitterrand se met à parler branché et on commence à engueuler le peuple qui vote mal. La morale sert aujourd’hui d’argument d’autorité dans les débats, en jouant confusément sur deux registres à la fois: les bons sentiments et le modernisme branché en matière de murs et de culture.

Quelle est l’influence réelle de la gauche Converse?

Il s’agit d’une toute petite minorité, mais qui a un poids énorme par son hégémonie dans les grands médias. Le problème, c’est que la plupart des journalistes sont devenus des militants sans même s’en rendre compte et participent à un océan de conformisme intellectuel. Il y a ainsi un certain nombre de concepts chewing gum impossibles à remettre en cause sans paraître rétrograde: l’écologie, la lutte contre les discriminations, le développement durable, l’antiracisme Ces mots engendrent des réflexes pavloviens qui rendent tout débat intellectuel impossible: vous êtes soit dans le bon camp, soit dans le mauvais.

Cette gauche vit elle sur une autre planète?

Quasiment, oui. Elle se trouve face à l’héritage impossible de 68, c’est à dire qu’elle se pense rebelle alors qu’il n’y a plus rien à transgresser puisque la société est devenue permissive. Elle croit incarner une forme de progressisme alors qu’elle ne représente qu’un petit milieu parisien qui ne sort jamais de ses réseaux amicaux ou sociaux. Ainsi, elle encense la famille recomposée en occultant qu’il s’agit d’une des déstructurations de l’après 68 parmi les plus éprouvantes, particulièrement chez les classes populaires. Car évidemment, eux ont les moyens d’envoyer leurs enfants chez le psy.

Le sarkozysme l’a t elle renforcée?

Oui, et de façon délibérée: Sarkozy a lancé des stimuli, comme on lance des os à ronger à la gauche Converse, comme vous l’appelez, pour la faire réagir parce qu’il savait qu’une partie de la France ne la suivait pas. Il espérait sans doute la faire apparaître comme une caricature de nomenklatura coupée du réel et regagner l’électorat populaire mercurial victory 6 indoor chaussure de foot synthétique pas cher.