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Rapport sur les prix de vertu 1918

Nike hypervenom phelon 3 tf qui de nous a parcouru la France, comme j’ai été appelé à le faire pendant le mois de septembre dernier, sans répéter maintes fois en soi même cette réflexion de La Bruyère: J’approche d’une petite ville et je suis déjà sur une hauteur d’où je la découvre. Je me récrie et nike hypervenom phelon 3 tf je dis: Quel plaisir de vivre sous un si beau ciel et dans un séjour si délicieux!

C’est là le compliment que mérite, presque partout où on lui fait visite, notre admirable pays.

Le voyageur demeure ébloui quand, après un parcours rapide, il revoit en imagination les herbages normands, les plaines de la Beauce, les forêts entourant Paris d’une magnifique ceinture; la citadelle d’Auvergne, les remparts des Pyrénées et des Alpes, d’où se précipitent des eaux maintenant asservies, et utilisées; elles ne regagneront le lit des fleuves et n’iront féconder les campagnes qu’après avoir fourni à l’industrie une somme de travail et de richesse. Dans nos cités actives et riantes, l’aspect de la misère, après une guerre si longue, n’apparaissait nulle part! Et le peuple laborieux, malgré la plus horrible épreuve, respirait toujours la vaillance, la bonne volonté, presque la gaieté. Si nous en jugeons par les monuments du passé, églises, hôtels de ville, statues, vitraux, grilles forgées, combien les villes françaises devaient être belles dès le temps de La Bruyère!

Cependant La Bruyère, moraliste amer, ajoute aussitôt: Je descends dans la ville où je n’ai pas couché deux nuits que je ressemble à ses habitants; j’en veux sortir. Cette parole morose a servi d’épigraphe, il y a plus d’un siècle, à une jolie comédie de notre confrère Picard, qui fut un ancêtre de notre confrère Labiche. Picard nous mène dans la petite ville en chaise de poste, et nous oblige à y séjourner, grâce à l’artifice scénique bien connu d’une roue brisée. Surviennent une vieille coquette, un bretteur, d’ailleurs peu convaincu, un chicaneur en quête de procès, des bavards, des médisants. Et voilà la jolie petite ville devenue déplaisante. Encore La Bruyère et Picard ne l’avaient ils pas connue en temps d’élections!

Mais leur peinture n’est point complète. Ne vous contentez pas de regarder au passage, en leur aspect extérieur, les murailles et les toits. Arrêtez vous. Pénétrez dans les demeures. Apprenez à connaître les habitants. Vous ne trouverez pas seulement de petits défauts et des travers ridicules. Vous prendrez une meilleure opinion, par exemple, si vous parcourez les dossiers des Prix de Vertu.

Vous apprendrez que de beaux traits se sont accomplis dans la petite ville, et ont obtenu sans réserve, sans jalousie, le cordial assentiment de l’opinion publique. Toutes les âmes qui prennent part à ce concert de l’opinion publique ne sont pas sans doute des saintes âmes: il est des gens, comme a dit Boileau dans une épître,

Amis de la vertu plutôt que vertueux.

Mais le concert n’en est pas moins touchant. Vous ne direz plus alors: j’aime mieux sortir. La petite ville, avec sa rivière, ses boulevards bordés de grands arbres, ses clochers, ses vieux hôtels silencieux, et ses usines laborieuses, retrouvera un charme élégant, quand vous apprendrez que l’espèce humaine votre famille ne s’y montre point toujours ridicule et méchante; et que de modestes et héroïques vertus pratiquent et y persévèrent pendant de longues années. Il semble alors que, partant de quelque pauvre maison, un rayon de pure lumière éclaire et embellit toute la petite cité.

Rares exceptions! reprendra le moraliste sévère. Et en effet, Messieurs, les prix de l’Académie ne sont pas décernés à des mérites ordinaires.

Par exemple, beaucoup de fondateurs vous ont invités à récompenser les vertus familiales: mais vous ne donnez pas le nom de vertu à la simple exécution des devoirs d’un père envers son fils, ou des enfants envers leurs parents. Vous voulez que le dévouement familial s’étende au delà de ces bornes étroites et aille chercher des charges que n’imposaient ni la loi, ni même la nature! Combien de pieuses femmes sont devenues de véritables mères pour des neveux abandonnés! ou même mercurialx ic pour des abandonnés qui ne leur étaient rien! lever ses enfants, c’est le devoir élémentaire.

Où commence, en ce genre, la vertu? Où est la limite qu’elle fait franchir? Victor Hugo nous l’a indiquée d’un mot, dans la pièce des Pauvres Gens. Vous vous souvenez: le Pêcheur rentre, battu de l’orage, des filets ruisselants sur l’épaule; et sa femme avoue en tremblant qu’elle a recueilli les deux enfants d’une pauvre veuve, leur voisine, morte dans la journée. Le Pêcheur répond simplement:

Nous avions cinq enfants: cela va faire sept.

Voilà la vertu. L’exemple est digne d’admiration; mais non point de surprise, car les attestations que vous nike hypervenom phelon 3 tf recevez le montrent beaucoup moins rare qu’on ne pourrait croire.

Et ce qui n’existe pas chez nous ou du moins ce qui n’ose pas se montrer c’est la fausse sagesse qui se détournerait de pareils exemples et oserait les traiter de généreuses folies. L’égoïsme est répandu partout, mais chez nous, il ne peut pas s’afficher. Le cynisme n’est pas accepté comme une preuve de force d’âme et la nécessité du dévouement ne se discute pas.

Au temps où j’étais Conseiller municipal de Paris, nous discutions un jour, en Commission, un règlement pour les mariniers de la Seine, et avions appelé les gens du métier. Un des plus considérés, né et élevé sur la rivière, devenu possesseur d’une vraie flottille de dragueurs et de péniches, était connu pour avoir offert à sa vieille mère un somptueux bateau, de trois cent mille francs. Nous sommes devenus riches, avait il dit, et je puis consacrer cette somme à te bien loger, à la ville ou à la campagne. Mais que ferai je, avait répondu la vieille dame, d’un hôtel ou d’un château? Donne moi un beau bateau, où j’achèverai mes jours près des gens avec lesquels j’ai vécu et que je pourrai quelquefois aider et consoler encore.

Le Préfet de la Seine, ou un de ses directeurs, avait soumis entre autres à notre délibération un article à peu près ainsi conçu: En cas d’accident et de danger les mariniers présents sont requis de se porter au secours de leurs camarades. ces mots, l’homme au beau bateau se leva et dit: Je sors. Je ne suis pas venu pour entendre insulter ma corporation. Sa colère n’était pas feinte. Il répétait d’une voix tremblante: On n’inscrit pas de pareilles choses dans un règlement de police. Il avait cent fois raison, et nous biffâmes le malencontreux article.

Je me rappelle cette petite scène parce qu’elle met en lumière deux nike mercurialx ic hypervenom phelon 3 tf traits du caractère français: révolte généreuse chez le marinier, et manie de réglementer du côté de l’Administration. L’esprit qui animait le premier se retrouve dans les lettres qui sollicitent des Prix de Vertu. la vérité l’Académie ne reçoit pas toujours des pages vraiment éloquentes comme celles que MmeMarguerite Aron consacre à Virginie Vallée: une vieille servante qui, après trente ans de dévouement fidèle, garda la maison de ses maîtres, aux environs de Reims bombardée, et dont le bras laborieux et inoffensif fut cruellement déchiré par l’éclat d’un obus allemand. Mais tous les témoignages sont émouvants, tant ils sont empressés et sincères.

Les signatures sont nombreuses: toutes les professions, toutes les situations sociales se rencontrent. Le maire, le curé, l’instituteur, l’ouvrier, le négociant, le colonel, le notaire, tout le monde s’entend, tout le monde s’arrête avec respect devant la Vertu. Il nous semble, à nous lecteurs, que la scène se reproduit et que les signatures s’inscrivent devant nos yeux. Je crois qu’un graphologue, même médiocrement clairvoyant, reconnaîtrait à l’écriture les sentiments qui inspirent divers témoignages. Au bas d’une proclamation politique, les adhésions ont le plus souvent un air résigné: sauf pourtant quelques paraphes d’allure hargneuse et provocante.

Mais ce n’est ni par complaisance, ni par défi que se signent les demandes de Prix de Vertu. On croit entendre la voix, l’accent de ceux qui les donnent: Vous voulez mon nom? C’est pour la respectable personne de la rue des Orfèvres ou de l’impasse du Cloître. Ah! bien volontiers! Et grand merci d’avoir songé à moi.

Comment en effet un habitant d’Autun refuserait il son témoignage à Mesdemoiselles Père? Il les connaît de longue date. Ce sont maintenant de vieilles demoiselles de soixante dix et soixante quatorze ans. Leur père, aigri, neurasthénique, un raté, aurait dit Alphonse Daudet s’était tiré un coup de revolver, en un jour de détresse, et avait raté sou suicide, comme d’ailleurs tout ce qu’il entreprenait. Elles ont consolé, entretenu, soigné avec tant de tendresse filiale ce pauvre maniaque, qu’elles l’ont fait vivre quatre vingt huit ans. Leur frère ne valait pas beaucoup mieux: un magasin de chaussures, mal géré, fut fermé après faillite, bien que les surs eussent plus d’une fois payé des traites à l’échéance. Elles élevèrent alors les quatre enfants du frère. Comment? Avec quelles ressources? La tante Marie était employée chez une mercière. La tante Madeleine était devenue habile en l’art de la coiffure, et s’en allait en ville embellir, avec ses doigts de fée, les dames mercurialx ic élégantes, qui lui donnaient un petit salaire. Jolie elle même et d’aimable humeur, elle avait reçu et rejeté mainte proposition de mariage. Ne fallait il pas d’abord soutenir le vieux père débile, et élever chrétiennement les enfants? Aujourd’hui, une nièce, honorablement mariée, est venue à Autun auprès des vieilles tantes. Deux neveux sont soldats; elles vont voir l’aîné à l’hôpital: c’est un glorieux blessé. Les tantes Marie et Madeleine ont leur récompense.

Continuons un peu si vous le voulez bien, pour répondre à La Bruyère et à Picard, cette visite aux petites villes de France.

Sortons d’Autun par la porte Romaine, emportant le souvenir de Saint Symphorien, immortel chef d’uvre d’Ingres, et transportons nous à Annecy, non pas sur les bords charmants du lac, mais dans une petite rue sombre, la rue Sainte Claire. Là demeure une jeune servante, qui a maintenant vingt six ans, Marie André, et, avec elle, une pauvre infirme, atteinte de rhumatisme déformant, les jambes paralysées, le cou plié et ankylosé, le menton appuyé sur la poitrine: c’est la fille des anciens patrons de Marie. Marie était entrée à treize ans chez les époux Rouby, propriétaires à Chavanod, avec onze francs de gages par mois. Et maintenant elle recueille et nourrit leur fille! Il y eut là encore de mauvaises affaires; maison et terre furent vendues, avec réserve de jouissance au dernier survivant. Rouby meurt bientôt: sa femme ne survit que peu de mois. Que deviendra Léa Rouby, paralytique, défigurée, sans un liard d’héritage? Les parents n’avaient pas prévu que cette épave humaine pût devenir le dernier survivant. Alors Marie André l’emmène avec elle, l’installe chez elle à Annecy, lui donne un lit, invente une petite poulie pour la retourner doucement. C’est la fille de ses maîtres, de maîtres envers lesquels elle n’a d’autre obligation que d’avoir reçu, pour beaucoup de travail, onze francs par mois! Elle pourvoit seule à l’entretien du pauvre être abandonné et oublié!

Montluel, dans l’Ain, les habitants voient quatre fois par jour une grande demoiselle s’avancer d’un pas assuré le long des rues, portant dans ses bras un gros garçon de treize ans. C’est MlleJoséphine Berthod. Son neveu est paralytique de naissance. Elle a pris chez elle Henri Perron, tout petit et infirme. Avec des soins infinis, elle a voulu le faire vivre: semblable à celle que Hugo a appelée; Ma mère obstinée Et maintenant ne faut il pas que cet enfant s’instruise? Elle le prend dans ses bras et le porte à l’école!

Vous parlerai je de Hortense Boisin, née en 1891, à Mervans (Saône et Loire), et aînée de douze enfants? Son père meurt en 1912, sa mère en mars 1914: et quelques mois après le grand frère de vingt et un ans, François, part pour la guerre. Il était, pour Hortense, le dernier soutien. Elle ne se décourage pas, et gouverne à elle seule la maison et les dix enfants qui y demeurent avec elle.

Mlle Langlois, de Boulogne sur Seine, ouvrière de l’usine Renault, donne le même exemple admirable: elle a un frère gravement blessé; un autre frère, mobilisé, laisse derrière lui une femme et six enfants; sur elle seule retombe toute la charge de l’entretien de la vieille mère, et elle trouve encore moyen fort souvent de venir en aide à ses belles surs.

De même à Ajaccio, rue du Capitaine Levrilli, Virginie Renucci, depuis l’âge de treize ou quatorze ans (elle en a maintenant cinquante trois) a travaillé pour sa mère veuve, pour ses six frères et surs; et elle a repris à sa charge quand l’âge mûr fut venu, et que la tâche paraissait achevée son frère tuberculeux et une sur infirme.

Limours, près de la vallée de Chevreuse, une brave petite fille de douze ans, Georgette Marigot, avant perdu sa mère, a entrepris d’élever huit frères et surs et a réussi dans sa tâche pendant que son père, cantonnier, cassait des pierres sur les chemins.

Je suis, vous le voyez, une méthode contraire, et j’ai, cette fois, appelé votre attention sur les prix individuels. Il est deux uvres cependant que je ne puis passer sous silence et laisser simplement inscrire à notre palmarès nike hypervenom phelon 3 tf mercurialx ic.