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Rapport sur les prix de vertu 1952

Vapor mercurial mercurialx proximo indoor l’un des reproches qu’il m’est arrivé d’entendre chuchoter à l’encontre de notre compagnie, c’est son âge.

Entendez bien qu’il ne s’agissait point du grand nombre d’années qu’elle a vécues depuis sa lointaine fondation, à travers les cahots, les traverses et les avatars qui sont la rançon de longues vies; et non plus de ce que cette continuité pouvait lui conférer de vénérable; mais bien, tout au contraire, de ce que l’irrévérence et l’impatience naturelles à la jeunesse souffrent malaisément dans la personne de ses aînés: moins de rigueur ou de véhémence, moins de tranchant dans l’absolu des partis pris, et jusqu’à ce souci d’indulgence et d’équité où nous verrions volontiers, quant à nous, sinon la sagesse elle même, à tout le moins un effort vers elle, un hommage à elle rendu, quand nos cadets n’y voient que somnolence, froideur du sang et sclérose du cur.

Il est bien vrai, Messieurs, que chacun de nous accepte volontiers, faute sans doute d’avoir trouvé mieux, cet adage familier à la sagesse des bonnes gens, qui souvent en vaut bien d’autres: à savoir que le seul moyen qu’aient les hommes de mourir tard, c’est de vieillir. Nous faisons ce que nous pouvons et nous espérons continuer.

Mais la haute tradition qui nous réunit aujourd’hui, du fait même qu’elle est séculaire, et davantage; ce rapport sur les prix de vertu dont j’ai l’honneur d’être chargé, du fait qu’il est le cent trentième, ou un peu plus, ne sont ils pas la preuve éclatante d’une durable et toujours renaissante jeunesse?

Plusieurs de mes prédécesseurs ont déploré avec esprit cette continuité imperturbable, et, pour eux mêmes, l’obligation où ils se voyaient de recommencer encore un discours cent fois entendu. Avaient ils, d’aventure, une idée qui leur permit de renouveler ou de rafraîchir un thème qui, lui, ne changeait point? C’était pour s’apercevoir bien vite à feuilleter ce qu’on pourrait appeler les Archives oratoires des Prix de vertu, qu’ils avaient été devancés; que tous les aperçus, toutes les traverses, tous les chemins des écoliers avaient été bien avant eux découverts, prospectés, annexés sans appel ni recours. Et par quels hommes! Laplace, Cuvier, Montalembert et Sainte Beuve, Dumas fils et Renan, Barrès, Bédier, Robert de Flers: l’esprit, le cur, quelquefois, vous le voyez, le génie au service de la Vertu.

D’où viennent, assurément, tant de regrets diversement exprimés mais identiques dans leur essence, tant de protestations d’indignité, eux mêmes aussi prévus, aussi diversement monotones que la monotonie de dossiers toujours les mêmes. Car il faut bien parler ici d’une sorte d’obstination et presque de fatalité inhérentes au fait vertueux. La vertu manque de fantaisie, d’imagination, de piquant. Elle décourage la curiosité, ne ménage ni surprises, ni rebondissements savoureux. Elle est discrète, elle se cache, elle s’efface. Les hommes mêmes qu’elle a émus, on dirait que leur émotion répugne aux témoignages bruyants, qu’elle aussi obéit à je ne sais quelle pudeur secrète, qu’elle se réfugie dans la discrétion du silence, dans la brume de l’anonymat.

Prenons en donc notre parti. Acceptons, telle qu’elle est, cette sublime monotonie dont parlait un jour Barrès. Nous la louerons, puisque telle est notre mission. Mais nous obéirons aux conseils mêmes qu’elle nous suggère, assurés désormais que la meilleure façon de la louer, c’est encore de s’effacer derrière la réalité vivante, de relater les faits, tels qu’ils sont, avec le seul souci de n’en point trahir l’âme, et de n’avoir d’autre éloquence que celle de la vérité.

Comme chaque année, l’Académie a voulu se souvenir d’uvres qu’elle avait déjà distinguées précédemment. Je nommerai d’abord la Société d’assistance pour les aveugles, dont notre confrère Claude Farrère rappelait il y a deux ans, ici même, les services qu’elle prodigue depuis 1880. Il en est, parmi ces malheureux, qui travaillent dans les ateliers de l’uvre; auxquels ainsi elle assure un gagne pain qui se trouve être un double bienfait: par le sentiment qu’il leur donne de continuer à servir, à être utiles, et par l’apaisement qu’il apporte, plus qu’au souci de leur pain quotidien, à celui de leur dignité. Il est aussi d’autres aveugles dont l’uvre prend un constant souci: ce sont hélas! les aveugles de la rue. Je m’en voudrais de commenter. J’ajouterai seulement que l’école Braille est une création de la Société d’assistance. Nous lui attribuons 40.000francs sur la fondation Bersia Tourette.

ce propos, je crois devoir faire une remarque qui touche à notre gestion, bien que dans ce domaine encore tout ait été dit et bien dit. L’année dernière, notre confrère Léon Bérard, avec une clarté décisive, précisait nos devoirs et les limites de notre liberté. Nous choisissons, certes; mais les intentions de nos donateurs, presque toujours expressément formulées, nous obligent, et cela dans la mesure même de la confiance qu’ils nous ont faite. Si attentifs que soient nos scrupules, si inquiète notre sympathie dans son désir de dépasser les apparences, d’aller chaque fois vers le meilleur, se cachât il, et de le débusquer, nous péchons. Et nous le vapor mercurial savons. Non par erreur, mais par omission, reconnaissait naguère le Président Poincaré. Il disait: L’Académie est sûre de ne pas s’être trompée dans l’attribution de ses couronnes; mais elle n’est pas moins sûre de négliger des milliers de personnes qui seraient dignes d’en recevoir de semblables. Hélas! oui. Mais comment faire? Nos revenus, si leur chiffre absolu n’a pas fléchi, n’en connaissent pas moins, et là encore on vous a dit pourquoi, un amenuisement relatif qui tend vers le dénuement. Le calcul n’est pas de moi, ni même de Robert de Flers qui en proclamait à cette place le vertigineux résultat, mais, à l’en croire, d’un membre de l’Académie des Sciences.

Il est vrai. Mais en ce temps là, les trois centsfrancs de la médaille que nous attribuions à deux familles nombreuses de Flamands français permettaient l’achat d’une vache; une vraie vache, et de son trésor pleine, entendez: qui donnait du lait. Plus infortunés que Perrette, nous qui n’avons pas rêvé, nous avons dû aussi dire adieu à ces bonne mercurialx proximo indoor bêtes académiques. Et nous avons été amenés, peu à peu, par ce qu’on est convenu d’appeler la force des choses (même quand il faudrait, si l’on était tout à fait franc, alléguer les bêtises des hommes), nous avons été amenés à resserrer nos choix davantage, à multiplier bien malgré nous nos pêchés, nos péchés par omission, pour que du moins nos injustes oublis fussent compensés par une aide matérielle, toujours insuffisante certes, mais pas seulement ou pas tout à fait symbolique: moins d’uvres, moins de personnes vertueuses à notre présent palmarès; mais à chacune, autant qu’il a été possible, un appui qui se souvint des misères et des difficultés de l’heure. Le symbole n’en demeure pas moins, et sa haute vertu d’exemple.

C’est ainsi que nous avons été heureux d’attribuer une centaine de millefrancs, sur la fondation Debonnos, à la Maison des Isolées. C’est une uvre relativement récente, puisqu’elle ne date que d’une quinzaine d’années. Elle a été fondée par Mademoiselle Jeanne Dubant dont la foi et l’allant continuent de l’animer, en dépit de l’âge maintenant venu. Restée doublement orpheline, à treize, ans, elle vit avec une grand mère infirme, accablée par la mort de tous les siens. Heureusement, un ménage sans enfant qui habite le même immeuble s’intéresse à ces deux femmes, à deux Isolées, déjà. Qui saurait déceler, dans les curs, le cheminement de la vocation de charité? Peut être est ce à ce geste, à cet élan de deux voisins d’immeuble, à la tendresse d’une presque inconnue qui se fait peu à peu maternelle que Mademoiselle Dubant a dû de se connaître elle même et, du même coup, sa vocation. Jusqu’à vingt ans institutrice libre, à partir de vingt ans employée dans l’Administration des Postes, tout de suite elle se voue, elle agit. Dès qu’une infortune lui est signalée, elle intervient, elle avise, elle trouve un allègement, un apaisement. L’oubli de soi l’inspire et l’illumine, au delà des obstacles qu’elle a déjà franchis avant de les avoir vus. Successivement, elle prend en charge douze orphelins, veille à leur éducation, les pourvoit d’un métier, d’un foyer, les suit encore dans leur âge mûr et dans leurs propres enfants. Je dis les faits, Messieurs, tout uniment, comme je me le suis promis. Ce n’est même pas moi qui les dis: j’emprunte jusqu’à mes mots aux témoignages qui nous sont parvenus.

Songez à ce qu’étaient, alors, les appointements d’une employée des Postes! Et déjà, autour de cette vaillante, voici sept convives qui se pressent. Il faut des lits, des vêtements. Si l’appétit est exigeant, tant mieux! Si les jeux sont turbulents et funestes aux sarraux d’écoliers, tant mieux encore! On veille plus avant dans la nuit; on s’assure en tirant l’aiguille, que les devoirs sont faits et bien faits. Ce qui importe, ce qui est douloureux, ce sont les petites mines, les yeux battus, tout ce qui vient rappeler une hérédité souvent lourde, cette malédiction que l’on sait et qui atteint des innocents. Vite le médecin, des remèdes, encore des pas, des démarches, des soins sans fin, et qui coûtent cher! Mais la même foi soutient Mademoiselle Jeanne Dubant. Elle se souvient: lorsqu’elle a, pour la première fois, adopté les quatre enfants Teilhet, orphelins d’un facteur et d’une femme de service, chacune des collègues auprès desquelles elle a plaidé ne lui a t elle pas promis de lui verser ce qu’elle demandait? Cinq sous par mois. Elle se souvient, elle garde confiance. Elle va déjà vers d’autres tâches, d’autres sauvetages, aidée d’autres bonnes volontés, qu’elle suscite et qu’elle mobilise: c’est un mot que je cite encore.

Dès 1905, elle crée à l’Oasis, rue de Sèvres, une pension de famille pour les jeunes débutantes des Postes, transplantées brusquement du milieu familial dans un Paris où les guettent la solitude et les tentations. Elle y annexe un restaurant, un cercle; elle y adjoint une salle de musique, une bibliothèque. Est ce tout? Vous sentez bien que non.

Joseph Bédier, dans son rapport sur les Prix de vertu, remarquait que ce monde des uvres était un monde d’initiés; que, s’il était facile d’observer et même de comprendre les mécanismes extérieurs des uvres, le jeu profond des forces qui meuvent ces mécanismes se dérobait au regard des profanes. Comme il avait raison, Messieurs! Raison dans la mesure même où son cur s’était ému, comme nous aurons raison, nous aussi, si notre cur se laisse seulement toucher par le rayonnement secret, mystérieux en effet, dont resplendissent ces vocations de charité. Mystérieux, oui, jusqu’à l’instant où le cur est gagné, où à son tour il participe, au delà de toute compréhension. Voici, en 1927, devançant les réalisations de la Sécurité sociale, une Association encore sous le vocable Tout à tous. Sur ce chemin là, ce sont ses petits, ses enfants qui ont guidé Mademoiselle Dubant; et parmi eux les souffreteux. cause d’eux, elle a connu des médecins, fréquenté des hôpitaux. Elle y a été le témoin, la confidente de détresses insoupçonnées, surtout dans cette classe moyenne pour qui le dernier demi siècle a été particulièrement dur. Aidée du docteur Okinckzyc, chirurgien des hôpitaux, elle fonde donc cette association d’entraide, qui groupe et qui unit des travailleurs des Postes, des Chemins de fer, des Banques, de la Nouveauté, du Livre sans s’inquiéter des opinions, des appartenances politiques ni religieuses. On a prévu, on réalise un Centre médical; un Service social qui s’occupe de placer des enfants, des vieillards, des incurables, qui aide les mères de famille, qui organise des colonies de vacances; une section enfin pour la protection maternelle et infantile.

J’arrive, après un long détour (mais c’est à dessein, croyez le, que j’ai parcouru ce chemin), à mercurialx proximo indoor la Maison des Isolées. l’origine, l’on s’en doute, un sentiment de compassion encore, et un élan: vers ces malheureuses femmes, sans famille, sans amis, sans domestique non plus il va de soi, âgées, souvent impotentes ou infirmes, dont la concierge ou une voisine s’avise par hasard et soudain qu’on ne les a pas vues depuis longtemps. On fait alors forcer leur porte; on les trouve mortes dans leur humble logis; depuis la veille, depuis des jours: l’une sur une chaise, déjà décomposée, l’autre tombée devant son lit où elle n’a même pu s’allonger. Une tombola, 50.000mille billets à deuxfrancs, un article de Pierre L’Ermite qui concourt à les placer: et l’on peut louer, à Viry Châtillon, l’ancien couvent des Dominicaines de Béthanie. Dix huit mois plus tard, en juillet 1939, un prêt hypothécaire permet d’acquérir l’immeuble. Déjà, trente deux pensionnaires y vivent, toutes rassérénées, heureuses de la sécurité matérielle et morale qui leur est maintenant donnée, de la vie familiale dont elles connaissent maintenant la douceur. La guerre passe, mercurialx proximo indoor la réquisition, l’évacuation, les bombardements sur Juvisy, l’occupation allemande. Malgré ces dures épreuves, dès septembre 1940, une à une, les pensionnaires reviennent à leur maison. Sans le moindre concours officiel, on l’a réparée, restaurée, rendue de nouveau accueillante. Et cependant, une gestion stricte et dévouée a pu réaliser ce patient, ce simple et honnête miracle: les mémoires des entrepreneurs sont réglés, les prêts hypothécaires remboursés, les impôts, les lourds impôts, acquittés. En 1944, nouveaux bombardements sur Juvisy: toutes les vitres, une fois de plus, éclatent. Toits soulevés, perforés, portes et fenêtres arrachées, éclats de bombes traversant les volets, les cloisons. Il faut encore, il faut toujours recommencer. Aujourd’hui, quarante pensionnaires vivent à la maison de Viry. Mais, chaque semaine, trois demandes en moyenne parviennent à la Directrice. C’est un crève cur de ne pouvoir les accueillir. Il faudrait, faute de mieux, avoir les moyens matériels d’aménager vingt chambres encore, en prolongeant l’immeuble actuel. Malgré un legs récent en faveur de l’association, reconnue enfin d’utilité publique, il manque quelques millions pour réaliser l’agrandissement souhaité. Nous ne les avons pas. Puisse du moins notre geste en inspirer d’autres demain et porter bonne chance à la Maison des Isolées!

Messieurs, je le répète, c’est à dessein que j’ai parlé un peu longuement de l’uvre de Mademoiselle Dubant. Non que je l’aie, en quelque sorte, préférée. Mais il m’a paru que la meilleure, je veux dire la moins mauvaise façon de pécher par omission, ce n’était pas de vouloir tout dire, de passer comme une revue, tambour battant, de toutes les uvres que nous avons finalement distinguées; mais de tâcher, à propos de l’une d’elles, de pénétrer un peu, nous profanes, dans ce monde d’initiés dont parlait Joseph Bédier, de sympathiser un instant, d’un entier mouvement de l’âme, d’un chaleureux élan du cur, avec ces âmes belles et limpides, ces curs gonflés de charité dont les uvres, malgré tant de modestie, de discrétion et de silence, nous livrent l’émouvant secret. Ce que j’ai dit de la Société d’assistance pour les Aveugles, de la Maison des Isolées, je puis le dire, et je le dis, de la Colonie de Vaise, qui assure chaque année, à 150enfants lyonnais, cinq semaines de toniques vacances, dans les pins, en Auvergne, et dont l’action morale aussi s’avère profonde et durable sur une jeunesse déshéritée. Je puis le dire, et je le dis, de l’Orphelinat des Arts, que préside Mademoiselle Lucie Arbell; de l’uvre apostolique pour les Missions françaises à l’étranger, de Victoire, de la Fédération nationale des Sapeurs pompiers, dont les actes de courage et de dévoilement pour être quotidiens jusqu’à nous sembler naturels, n’en méritent que davantage qu’on les distingue et qu’on les honore.

Vous connaissez déjà, Messieurs, la Mission de la Gare, à Dijon, qui recueille à leur arrivée les jeunes filles sans logis, les personnes âgées, les mamans et leurs bébés, les infirmes, les malades, tous ceux qui ont besoin qu’on les conseille et qu’on les aide. Vous connaissez le Prieuré Saint Jean, cette uvre de confiance el de foi, fondée par des malades pour des malades, qui unit la prière au travail, assiste ceux qui souffrent, tend la main à des convalescents qui risqueraient, abandonnés, de céder au désespoir, et qui trouvent au contraire, dans cette charité fraternelle, la possibilité d’un épanouissement spirituel et d’une action à son tour bienfaisante.

50.000francs au Prieuré Saint Jean, sur les arrérages de la Fondation Lalain Chômel; 35.000 à l’uvre apostolique pour les Missions, sur ceux des Fondations Verrière et Garnier Lestamy; 80.000 à l’Entraide catholique France Afrique, fondée par les Frères des écoles chrétiennes pour aider les instituteurs noirs qui débutent dans les écoles de brousse; 50.000 à Victoire sur les revenus de la Fondation Davillier; 30.000 à la Colonie de Vaise, c’est beaucoup moins que nous l’aurions voulu. Que dire, alors, des 10.000francs que nous remettons, cette année, à l’uvre pontificale de la Sainte Enfance? La même chose que de nos autres offrandes: que nous ne nous faisons pas d’illusion sur la disproportion entre ce faible soutien matériel et l’énormité des besoins; et que, pourtant, nous avons conscience de servir, en contribuant à assurer une permanence bien nécessaire. Si ce n’était, comme l’insinuait Renan avec le sourire que l’on sait, qu’en mettant la vertu à l’honneur un jour, un jour seulement entre les 365 de l’année, ce ne serait déjà pas si mal: une fidélité de cent soixante dix ans porterait d’elle même témoignage. Mais il me semble que c’est mieux: un assentiment très ému, une affirmation renouvelée de sympathie et de mémoire envers des hommes et des femmes de cur, pour qui le souci du prochain demeure une réalité vivante, une chose de chair et de sang.

Je voudrais dire un mot encore, à ce propos, de deux uvres entre les autres. D’abord la Sainte Enfance, que je nommais il y a un instant. Ecoutez Monseigneur Bressolles, qui en préside le Conseil supérieur général: Le mot Sainte Enfance, écrit il, évoque en général, chez les fidèles, l’image de fêtes enfantines dans nos paroisses et, très loin, l’image de petits Chinois abandonnés que l’on rachète et que l’on élève. C’est touchant. Et c’est puéril. En réalité, cette uvre enfantine est une très grande uvre, très efficace, très chargée d’avenir. Dans tous les pays de missions, la Sainte Enfance a pour objet propre de soutenir toutes les uvres d’assistance et d’éducation chrétienne de l’enfance, depuis la maternité, la crèche, l’orphelinat jusqu’aux écoles de toute nature.

Des chiffres? Les uvres subventionnées totalisaient, en 1951: dans les crèches, 385.704 enfants; dans les orphelinats, 108.659 enfants; dans les écoles, les ouvroirs et les ateliers 2.802.159 enfants. En outre, 537.357 baptêmes avaient été administrés. J’ajouterai, Français que je suis, que, de toutes les grandes uvres missionnaires relevant directement de l’autorité pontificale, la Sainte Enfance, fondée par un Français, Monseigneur de Forbin Janson, est la seule qui ait gardé son siège en France, à Paris; que son Conseil supérieur réunit, autour de son Président Monseigneur Bressolles et de ses trois vice présidents ecclésiastiques, d’éminentes personnalités laïques; que les régimes les plus divers et parfois les plus apposés, parfois aussi bien dépourvus de la vertu de tolérance, néanmoins se sont trouvés d’accord pour reconnaître l’intérêt français lié à l’action des missionnaires; et que nous éprouvons quelque fierté à songer que cette uvre, élargie aux dimensions du monde, se souvient de ses origines françaises et va porter sous tant de cieux un message d’inspiration française.

Entre ses uvres filiales, la Sainte Enfance a réparti, en cette même année 1951, une somme de 700millions. Quant à la source de cette somme, considérable, certes, et pourtant encore insuffisante si l’on songe à l’immens mercurialx proximo indoor vapor mercurial.